Projet
Le langage, source et ressource interprétative
La guerre est un acte discursif : non seulement le langage intervient dans l’action martiale (arme, outil de propagande etc.), mais il structure aussi les situations de guerre – tout comme ces situations structurent le langage.
Comment fonctionnent ces mécanismes en cas de guerre civile ?
Pour le comprendre, MEMOSTASIS cherche à
- Transformer le sujet, paradoxalement instable, de la guerre civile en objet d’étude à partir de tous types de textes et de discours.
- Faire de cette étude un moteur d’intelligibilité de la guerre civile grâce aux instruments propres aux études textuelles et discursives.
- Penser en termes de littérarisation et d’interactions textuelles.
Si MEMOSTASIS construit son corpus de base en langue française, il est ouvert aux autres langues et à l’interculturalité.
Une approche transverse
Par son son ambition interdisciplinaire et son ouverture chronologique trans-séculaire, MEMOSTASIS analyse les rapports étroits entre l’événement, la langue et le concept pour saisir les processus par lesquels les acteurs sociaux (individuels et collectifs) peuvent se reconnaître comme étant ou ayant été en guerre civile, et devenir auteurs concernant une guerre civile dont ils ont fait ou non l’expérience.
MEMOSTASIS se souhaite aussi trans-disciplinaire. Au lieu d’appliquer un regard intra ou interdisciplinaire sur des corpus génériques préalablement identifiés, MEMOSTASIS cherche à penser des catégories transversales inhérentes à l’objet lui-même (violence, pouvoir, voisinage, filiation, transgression, adversité, passion, eschatologie etc.). Il construit son objet et son corpus en même temps qu’une analyse réflexive sur sa propre transdisciplinarité.
Faire monde commun
Réfléchir aux maux de la guerre civile à travers leur mise en mots, c’est se donner des outils pour penser ce type de conflit
- Le redéfinir en soi et en fonction de la notion de conflit interétatique
- Le situer par rapport à ses frontières (révolution, sédition, éloignement/proximité)
- Interroger ses impensés et ses motifs
- Se livrer à une analyse critique des discours en réévaluant la place de ces derniers au sein des causalités économiques, géo-politiques et sociales qui tendent à objectiver et mécaniser le conflit en sous-estimant ses dynamiques symboliques et métaphoriques, voire ses soubassements philosophiques, culturels et anthropologiques.
L’actualité mondiale donne au problème de la guerre civile toute son acuité. Un objet de recherche comme celui des guerres civiles excède largement le champ clos des études académiques. Il concerne la vie dans la cité à plus d’un titre.
- Parce qu’une réflexion sur les guerres a d’indéniables implications sociales et politiques en termes de débat démocratique, d’enjeux géo-politiques, d’interculturalité.
- Parce que la littérature, la philosophie et l’histoire produisent de la connaissance et de l’intelligibilité dans d’autres champs que le leur, notamment dans l’espace social et politique : cette production doit être encouragée et soulignée.
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